Les américains à Saint-Maixent

1917-1918

La présence des soldats américains à Saint-Maixent en 1917-1918

Le 6 avril 1917, les Etats-Unis entrent en guerre aux côtés de l’Entente.

Le 4 juillet, au cimetière de Picpus à Paris, en célébrant le héros des deux mondes et les liens historiques entre les deux états, dans une grande envolée lyrique le colonel STANTON s’écria : « Lafayette, nous voici. »

En octobre 1917, la garnison de Saint-Maixent fut avisée de l’arrivée prochaine d’un contingent de 3000 hommes de l’armée américaine.

On les installa au quartier Coiffé1, construit à partir de 1914, et on aménagea les bâtiments dits de la caserne du Presbytère, aujourd’hui annexe des services de la Mairie, place de l’Hôtel de ville. Il fallut aussi installer des baraquements sur les terrains de la ferme de la Tour-Carrée. Les officiers américains étaient logés chez des particuliers.

La présence de ce contingent venu d’outre Atlantique apporta à la ville de Saint-Maixent une animation exceptionnelle. La population entretenait, dans l’ensemble, de bonnes relations avec ces soldats.

L’après-midi de Noël 1917, une grande fête a été organisée pour les enfants de la ville, avec un arbre de Noël, des jouets offerts par les américains, des drapeaux, des discours et de la musique militaire.

Le 4 juillet 1918, jour de l’Independance Day, le colonel ROUSSON, commandant le CIEA2, accompagné de ses officiers, de la municipalité et de plusieurs notables de la ville se rendit au quartier Coiffé où ils furent reçus chaleureusement par le colonel LIPPINCOT qui leur exprima sa gratitude de les voir s’associer à la fête nationale américaine. Une grande fête populaire suivit, réunissant américains et français qui s’affrontèrent dans des compétitions sportives. Un spectacle, donné dans le cadre de l’école militaire, termina la journée.

Après l’armistice, les États-Unis organisèrent rapidement le rapatriement de leurs soldats.

De ce passage à Saint-Maixent il nous reste quelques lettres adressées par le ministère de la Guerre au préfet des Deux-Sèvres, des courriers de l’American Red Cross et des lettres adressées par la famille d’un soldat américain décédé à Saint-Maixent. Il a aussi été retrouvé un très beau dessin représentant un soldat assis dans le cloître et divers petits objets personnels. Il reste aussi des traces sous la forme de graffiti dans la crypte Saint-Léger et dans les combles de l’abbaye.

Les graffiti de la crypte Saint-Léger

En plus de son passé historique et religieux, la crypte Saint-Léger (VIIe siècle) recèle une curiosité : la présence de plusieurs graffiti de soldats américains, qui ont écrit ou gravé dans la pierre leur nom, parfois leur adresse ou leur ville d’origine ou le nom de leur régiment. Ils sont présentés en haut de cet article.

Les graffitis de l'abbaye

D'autres graffitis américains se trouvent dans les combles de l'abbaye, inaccessibles au public. Nous vous les présentons dans ce carrousel :

Bibliographie

Saint-Maixent…l’École, Jacques FOUCHIER, Bourdessoules, Niort, 1989.

Bulletins de la Société Historique et Archéologique du Val de Sèvre
n° 89, 2ème trimestre 1998 : Mémoires d’un aviateur, W.C. KING
n° 158, 4ème trimestre 2015 : Les américains à Saint-Maixent en 1917, J.-M. GODARD


[1] Félix COIFFÉ (1833-1908) : général français né à Thorigné (Deux-Sèvres) et décédé à Exireuil près de Saint-Maixent, où il s’était retiré pour sa retraite. Grand-croix de la Légion d’honneur, il avait terminé comme généralissime de l’armée des Alpes. Il repose au cimetière d’Exireuil.

[2] Centre d’Instruction des Élèves Aspirants.