Bustes et statues

Judith

Selon le livre de Judith, qui fait partie des livres deutérocanoniques de l'Ancien Testament, Judith est une jeune veuve qui a sauvé la ville de Béthulie (probablement l'actuelle Massalah) assiégée par Holopherne, général de Nabuchodonosor. La belle et riche Judith a séduit Holopherne, l'a enivré pour le décapiter pendant la nuit. Au matin, elle présente sa tête aux habitants de la ville.

La statue en bronze, dont nous ne connaissons pas l'auteur, représentait Judith tenant de sa main droite le glaive qui lui a servi pour décapiter Holopherne, et de l'autre la tête de son ennemi. Pour l'artiste, elle symbolise la dangerosité pour l'homme de succomber trop facilement au charme sensuel de la femme.

Mise en dépôt par l'État en 1892, à l'initiative d'Antonin PROUST, député des Deux-Sèvres, ancien ministre des Beaux-Arts, elle est installée au bas des Allées. Déplacée en 1902 en haut des Allées pour céder la place au monument de la Défense nationale, elle sera déplacée une nouvelle fois en 1913 vers la place des Halles. En 1943, elle a été réquisitionnée par les Allemands pour être fondue.

Saint-Maixent (Deux-Sèvres) | La Place Denfert-Rochereau, vue prise de la Promenade

Saint-Maixent (Deux-Sèvres) / La Place Denfert-Rochereau, vue prise de la Promenade

Éditeur : Jules Robuchon, photographe, Poitiers (N° 332 bis)

Date : 3 juillet 1903 (date de la correspondance)

La statue de Judith se trouve ici à son emplacement initial, au bas des Allées hautes, c'est à dire à l'extrémité Est. On remarque que le mur en demi-cercle qui existe encore de nos jours était muni d'un banc de pierre. Invitation à s'assoir et à méditer sur le sort de Holopherne ? La place Denfert-Rochereau se trouve derrière, et on aperçoit à travers les arbres, sur cette photographie prise l'hiver, la statue du personnage qui a donné son nom à la place.

SAINT-MAIXENT. – La Statue de Judith

Editeur : Valliot

Date : 28 septembre 1903 (date de la Poste)

Sur cette carte écrite et postée le 28 septembre 1903, la statue est située en haut des allées, à l’extrémité Ouest, là où se trouve aujourd’hui le buste de Antonin Proust. Elle y a été installée en 1902 lors de la construction du monument de la défense nationale. Elle est tournée vers l’Est.

On notera sur le mur de la porte Chalon les affiches publicitaires du chocolat Menier et du Formodol, « le meilleur dentifrice ». Sur le haut de la façade, à droite, les lettres RF sont reliées au bâtiment par un tuyau : il pourrait s'agir de lettres lumineuses à gaz. Qui peut nous en dire plus ?

32. St-MAIXENT — Statue de « Judith »

Editeur : Marc Delboy, phototypie, Bordeaux

Date : vers 1920

Judith a rejoint son troisième emplacement, sur la place des Halles, en 1913. Elle y restera jusqu’à sa réquisition par les allemands, en 1943.

Derrière elle, s’ouvre l’épicerie des Halles. Devant la vitrine, sur le trottoir, l’épicier propose aussi des paniers en osier et des balais faits de genêts. L’épicerie est en 2017 un commerce de vêtements.

19. St-MAIXENT — Vieille Maison et Statue de « Judith » - Place du Marché

Editeur : Marc Delboy, phototypie, Bordeaux

Date : vers 1920

Sur cette autre carte Judith est de dos. On y découvre la place des Halles et la place du Marché avec leurs commerces : le café du Minage, un hôtel et un magasin de confection pour hommes et enfants, tissus et nouveautés, là où aujourd’hui se trouve une banque.

À côté du café du Minage, on devine l'hôtel du Bienvenu.

Amussat

SAINT-MAIXENT – Square Amussat

SAINT-MAIXENT – Square Amussat

Éditeur : E. Blanchon

Imprimeur : Imprimeries réunies de Nancy

Date : vers 1910

Le square Amussat était situé rue de l'abbaye, dans le plan, au-dessous de la statue du moine Agapit. C'était un jardin de forme triangulaire, entouré de grilles en fer. Il était orné d'un monument.

Amussat est né en l'an V (1797) à Saint-Maixent. Il fut un chirurgien célèbre. Il est mort en 1856. En 1878, un monument est érigé en sa mémoire. Son buste en bronze repose sur un socle à quatre piliers, posé sur une fontaine entourée d'un bassin.

Le cliché est pris du bas du plan. En haut à gauche on aperçoit les bâtiments du collège Saint-André (rue Anatole-France) et, au centre, la Tour de l'Horloge.

Buste d'Amussat au parc Chaigneau

En 1984, le professeur Gary HESS, du New-York Institute of Technology entreprit des fouilles pour retrouver les fondations de l'église Saint-Saturnin. Le square a alors disparu. Le monument, déposé, a été stocké plusieurs années dans le parc de l'ancienne bibliothèque, puis il a été remonté dans le parc Chaigneau.

Gambetta

Saint-Maixent. - Inauguration du Monument de la Défense Nationale

Saint-Maixent. - Inauguration du Monument de la Défense Nationale

Éditeur : Melle Dupuy

Date : 28 septembre 1902 (date du cliché)

Le monument est un hommage de la ville aux membres de la Défense Nationale lors de la guerre de 1870, et en particulier à Gambetta. Au bas d'une colonne sur laquelle trône le coq gaulois se trouve le buste en pierre de Léon GAMBETTA, inspiré de son portrait par Léon BONNAT. De part et d'autre des allées, quatre autres bustes représentent CHANZY, GOUGEARD, FAIDHERBE et JAURÉGUIBERRY, autres chefs militaires qui s’illustrèrent dans cet épisode de la guerre.

Érigé en 1902, il a obligé la statue de Judith à remonter les allées, pour y être installée à l'ouest, près de la porte Chalon.

Cette carte postale très rare représente l'inauguration, le 28 septembre 1902, par Monsieur Georges TROUILLOT, ministre du Commerce, de l'Industrie, des Postes et Télégraphes du gouvernement Émile COMBES.

Denfert-Rochereau

Lire une biographie sommaire de Pierre Marie DENFERT-ROCHEREAU

34. – SAINT-MAIXENT (Deux-Sèvres). – Place Denfert-Rochereau – Avenue Gambetta

Editeur : Phototypie Marcel Delboy, Bordeaux

Date : 03 mars 1925 (date de la Poste)

La photographie nous montre une vue de dos de Denfert-Rochereau qui situe la statue dans l’axe de l’avenue Gambetta, bordée à gauche par les arbres des allées et à droite par ses immeubles de la fin du 19ème siècle. L’angle de prise de vue fait apparaître le bâtiment de l’octroi sur la gauche du socle de la statue, alors qu’il se trouve en réalité à droite de celle-ci.

La statue, œuvre de Jean-Baptiste BAUJAULT (1828-1899), sculpteur né et mort à La Crèche (Deux-Sèvres) est en bronze sur un socle pyramidal en pierre grise, ornée dans sa partie haute de meurtrières et de mâchicoulis.
Sur la plage du socle, un lion en marbre vert pose sa patte sur un obus. Denfert-Rochereau tient de la main droite une épée levée vers le ciel. De la main gauche il tient une lettre sur laquelle est gravé le mot TRESKOW en référence à la lettre de ce général prussien à laquelle Denfert répondit par la résistance de Belfort à l’occupant.

La statue a coûté 29 000 francs. Sur le piédestal, à l’arrière, on lit : érigé par souscription nationale en 1879 / Carrières de Gaudin à Bécon / Bouneault frères à Niort / H. MOLZ fondeur à Paris.

Elle a été inaugurée le 16 mai 1880 par M. Sadi-Carnot, futur président de la République, mais qui était alors sous-secrétaire aux Travaux publics, en présence de M. de la Bruyère, représentant le président de la République ; du colonel Riu, représentant le président de la Chambre ; du général Blot, chef d’état-major au ministère de la Guerre, représentant le général Farre ; M. Tribert, sénateur des Deux-Sèvres ; M. Antonin Proust, député de la circonscription ; M. Delaporte et M. Giraud, députés du département ; le général de Galliffet, accompagné par le général Barrabé, commandant du Génie du 9ème corps et plusieurs officiers d’état-major, ainsi que M. Barrême, préfet des Deux-Sèvres ; M. Granet, préfet de la Haute-Vienne ; le secrétaire général du département ; M. Léo Aymé, conseiller à la cour d’appel de Poitiers et conseiller général.
M. Sadi Carnot a été reçu par M. Goguet, maire de Saint-Maixent, et par les adjoints. La veuve du colonel, ainsi que ses deux enfants étaient aussi présents à la tribune officielle.1

C’est à cette occasion que le général de Galliffet a annoncé que le ministre de la Guerre accordait à la ville de Saint-Maixent une école de sous-officiers.

La fête dura plusieurs jours et la presse de l’époque2 relata largement l’événement. Selon le Gaulois3, elle fût boudée par une partie de la population en raison des convictions religieuses et politiques de Denfert-Rochereau, mais elle connut un grand enthousiasme populaire.


[1] Le Petit Journal – 18 mai 1880 – Numéro 6353

[2] Cgw79.free.fr/blog79/?p=505, en ligne, page consultée le 6 février 2017

[3] Le Gaulois – 16 mai 1880 – Numéro 246