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Fouilles archéologiques préventives

dans la cour du cloître de l'abbaye

Dans le cadre de la restauration du cloître de l'abbaye en vue de son ouverture au public, un diagnostic archéologique a été réalisé en 2013 par l'INRAP. Une tranchée longitudinale (est/ouest) avait été creusée, qui avait révélé l'existence de plusieurs murs associés à des niveaux de sols successifs. Ces vestiges pourraient correspondre à des états du cloître antérieurs aux reconstructions des XVIIe et XVIIIe siècles.
La nature des travaux de restauration et de réaménagement étant susceptibles de détruire ces vestiges, ou d'en menacer la préservation, des fouilles préventives ont été ordonnées par le service régional de l'Archéologie.
Elles ont eu lieu durant le mois de novembre 2016. L'opération scientifique a été confiée à la société Hadès, bureau d'études agréé par le Ministère de la Culture depuis 2005. Il comprend une cinquantaine d'archéologues répartis dans quatre agences. Il intervient dans toute la moitié sud du pays et dans les département d'outre-mer.
Des visites ont été organisées par la Mairie de Saint-Maixent l'École. Les membres de l'association ont participé à l'accueil des nombreux visiteurs, qui ont bénéficié des explications données par les archéologues eux-mêmes.

L'intervention sur le terrain a pour objectifs de repérer et dater les divers niveaux de jardins et de remblaiements successifs, localiser et caractériser les aménagements paysagers à chacune des époques (surfaces de circulation, structures de plantations, structures hydrauliques, proposer, si possible, une chronologie des dispositions de ce jardin depuis le XVIIe siècle jusqu'à nos jours.

A la suite d'un décapage réalisé à l'aide d'un engin mécanique conduit par les archéologues, les vestiges ont été atteints rapidement sous une couche d'une trentaine de centimètres de terre végétale, datant du dernier aménagement réalisé.
Ont alors débuté les fouilles manuelles. Toutes les données sont enregistrées : des fiches descriptives des structures et des niveaux, des photographies, des coupes stratigraphiques, des relevés topographiques sont réalisés.
Du coté le plus éloigné de l'église on découvre, immédiatement en dessous de la couche de terre, une couche de remblai composé de débris de pierres provenant de démolitions. Sous cette couche divers niveaux d'occupation sont visibles.
Du côté nord, le plus proche de l'église, on rencontre deux niveaux de circulation, nettement visibles dans la coupe du sol, qui sont marqués par des couches de sable clair de quelques centimètres d'épaisseur. Un peu plus loin on découvre les vestiges d'un mur.
Des sépultures ont été découvertes dans cette zone. Les archéologues ont soigneusement répertorié les squelettes découverts, qui seront examinés en laboratoire, afin de les dater, et de reconnaître éventuellement les causes des décès, l'age et le sexe des décédés. La présence de chaux auprès de certains corps témoigne d'une mort par maladie, la chaux étant utilisée pour purifier les corps. L'abbaye ayant eu une fonction de dépôt de mendicité, ces sépultures sont vraisemblablement contemporaines de cette période.
Des poteries, des pierres sculptées ont également été mises à jour. Chacun des objets ou groupe de fragments d'objet collectés est emballé dans un sac, avec une fiche indiquant précisément le lieu et la profondeur à laquelle il a été découvert. Ces indications permettront, lors de l'examen en laboratoire, de dater ces éléments en fonction de leur forme, de leur technique de fabrication ou de leur position au sein des différentes couches dans lesquelles ils se trouvaient. Sans ces éléments topographiques, il serait vain de tenter de les analyser. 
Une fois l'opération de terrain terminée, les données recueillies seront analysées en laboratoire pour comprendre l'évolution de cette partie de l'abbaye. Un rapport de synthèse sera remis au service régional de l'Archéologie.

Sources :

  • Plaquette réalisée par Hadès à l'occasion du chantier de fouilles, 2016. (télécharger la plaquette, format PDF, 1,6 Mo)
  • Documents archives municipales de Saint-Maixent l'École.
  • Commentaires des archéologues recueillis par les membres de l'association.

Photographies : Vincent Geoffret