Gaston CHÉRAU

Gaston CHÉRAU, homme de Lettres et journaliste, membre de l’académie Goncourt, est né à Niort le 6 novembre1872, fils de Étienne Edmond et de Rosa DELACOU. Il décède à Boston (USA) le 20 avril 1937, au cours d’une tournée de conférences pour l’Alliance française.

Dans sa vie, quatre villes ont eu une grande importance.

Niort et Saint-Maixent

Tout d’abord, Niort où il est né en 1872, puis Saint-Maixent à partir de 1873. Ses parents y ont acheté la fabrique de tricot POUPIN au n° 84 avenue Gambetta.

En 1881, il entre au collège de Saint-Maixent.

En 1884, il fait sa Première communion à l'église abbatiale de Saint-Maixent.

En 1885, il entre au lycée Fontanes à Niort, comme pensionnaire. À la suite d’un différend avec un maître d’études, il le quitte à la fin de l’année scolaire 1888-1889 et il entre en octobre au lycée de Poitiers. Il est reçu au baccalauréat Mathématiques élémentaires en 1890 et au baccalauréat de Sciences en 1891.

En mars 1892, devançant l’appel, il est incorporé au 114e régiment d’Infanterie à Saint-Maixent. À la suite d’une blessure au genou, il séjourne à Paris avec ses parents pour y être soigné.

Argenton-sur-Creuse

La troisième ville d’importance est Argenton-sur-Creuse, à partir de 1894.

En 1894 il est en convalescence dans le Berry, d’abord à Prissac chez ses grands-parents, puis à Argenton chez ses grand-tantes Angèle, Clara et Élisa DELACOU, et chez son grand-oncle le chanoine Benoit DELORT, curé de Crevant.

Le 7 août il est réincorporé à Parthenay.

En 1896, il est reçu au concours de contrôleur des Contributions directes, et nommé à Orléans. En 1900, il est titularisé et nommé à Bourges (Cher).

Le 21 août 1900, il épouse Edmée NODOT à Beaumont-en-Véron. Âgée de 22 ans quand son cousin Henri la lui présenta, elle vivait chez son tuteur, près de cette ville du Maine-et-Loire. Ils firent leur voyage de noces en Italie.

Deux enfants naitront de cette union : Bernard dit Bernou et Françoise dite Kette.

En septembre, ses fonctions l’amènent à Arras (Pas-de-Calais).

En 1902, il est mis en disponibilité et s’installe à Paris.

Le début de la carrière littéraire

En 1901-1902, il débute sa carrière littéraire par deux romans humoristiques, critique de la bourgeoisie provinciale : Les grandes Époques de monsieur Thébault et La Saison balnéaire de monsieur Thébault.

Avec Champi Tortu (1906), il s’écarte de l’humour pour étudier la psychologie de la femme et de l’adolescence.

Dans le même temps il collabore à de nombreux journaux : Le Petit Journal, le Mercure de France, Le Matin, L'Opinion, Excelsior, etc. ce qui l’amène à voyager et effectuer des séjours dans plusieurs villes en France et à l’étranger.

Avant la guerre, il publie en 1911 La Prison de verre et en 1913 Le Monstre.

Il est mobilisé en mars 1915 au 7e RIT et envoyé dans le Nord. Il est promu sergent en juin puis sous-lieutenant en février 1916. Envoyé à Salonique, puis en Abyssinie, il est rapatrié sanitaire à Paris. Il passe sa convalescence à Amélie-les-Bains, et est démobilisé le 21 décembre 1918.

Après la guerre il reprend son travail d’écriture et en 1921 Valentine Pacquault sort en deux volumes chez Plon.

En 1922, envoyé spécial du journal l'Illustration, il publie avec le colonel BORY un article sur l'École Militaire de Saint-Maixent.

Bélabre

La quatrième ville est Bélabre, dans l'Indre.

En 1923 il s'installe à Bélabre avec sa famille, dont le vrai berceau était Prissac ; mais à la suite d’une dispersion de biens familiaux, il avait de mauvais souvenirs de cette ville. Il retrouve ici des cousins et un noyau d'amis. Il divorce le 23 mars1923. G.  CHÉRAU était très souvent absent et la cohabitation d'Edmée avec ses beaux-parents fut très difficile.

Bélabre fut son havre de paix.

En 1926, il est élu membre de l'Académie Goncourt et président de la FOUACE (société amicale des Républicains des Deux-Sèvres à Paris).

Il s’éloigne de Bélabre pour se consacrer à la diffusion de la littérature française en Europe et aux États-Unis, par ses conférences.

Il publie de nombreux romans et collabore avec plusieurs journaux, dans lesquels il publie nouveaux romans et nouvelles.

Il rencontre Maurice GARÇON, avocat membre de l'Académie Goncourt (« un avocat formidable et original » selon G. CHÉRAU).

Le 26 février 1932, il est à Saint-Maixent pour donner une conférence.

En 1934 son fils Bernard part pour les États Unis.

Le 21 juillet 1935, il vient à nouveau à Saint-Maixent, pour le baptême de la promotion « Roi Alexandre 1er » à l’École militaire.

Le 30 décembre 1935, il embarque sur le Lafayette en direction des États-Unis, et le 5 janvier 1937, il arrive à New-York. Le 20 avril de la même année, il décède à Boston.

Œuvres posthumes et rééditions

Après sa mort, il y aura plusieurs publications posthumes et des rééditions de ses romans. Sa vie et son œuvre sont l’objet de travaux universitaires, de conférences et d’expositions.

Saint-Maixent dans l'œuvre de Gaston CHÉRAU

Dans son œuvre, G. CHÉRAU fait souvent référence à la ville de Saint-Maixent. Trois romans s’inspirent directement de la vie de la ville, de façon humoristique ou tragique.

Les Grandes Époques de monsieur Thébault

Ce roman retrace 7 grands moments de la vie de monsieur Thébault, adjoint au maire d'une petite ville de province, qui ressemble fort à Saint-Maixent.

  1. L'aubade du premier de l'an par la fanfare municipale.
  2. La visite à Pâques de son jeune petit-fils Maurice.
  3. Son premier mariage en tant qu'officier d’état civil.
  4. Les élections au Conseil.
  5. Le silence de la presse à son égard.
  6. Le défilé du 14 juillet.
  7. Le discours qu'il doit mettre au point à l'occasion de la distribution des prix à l'école des filles.

La Saison Balnéaire de monsieur Thébault

Il s’agit d’un recueil de textes concernant le séjour de Monsieur Thébault aux bains de mer à Chateloripeaux, la Perle de l'océan. Chateloripeaux fait naturellement penser à Chatelaillon.

Valentine Pacquault

Valentine Pacquault (2 volumes, chez Plon) met en scène la vie des élèves officiers de l’École militaire au travers de la vie de l’héroîne du roman.

 

 

Essai de bibliographie

à venir

Les illustrateurs de son œuvre

L’œuvre de Gaston CHÉRAU a été illustrée par de nombreux peintres ou dessinateurs, parmi lesquels :

Charles HUARD, humoriste de grand talent et peintre de la société bourgeoise, à qui l’on doit en particulier des affichettes illustrées en noir, blanc et rouge.

Pierre LISSAC (1878-1955), artiste peintre, illustrateur, graveur sur bois. Dans l’édition de Valentine Pacquault chez J. Ferenczi en 1930, on trouve un bois gravé représentant la rue de la Croix. Il signe de deux pseudos : Pierlis ou Kiss. Il publie dans la presse régionale comme l’Illustration, et dessine pour la publicité. Il participe à l'Assiette au beurre.

Charles-Auguste EDELMANN (1879-1950), peintre, graveur, illustrateur. Il publie des dessins érotiques (Éloge à la danse, Le roman de Violette. Il est l’illustrateur des œuvres de Courteline, Genevoix, Daudet, Louÿs...

On remarque aussi des aquarelles de Louis SUIRE, et d'autres illustrations de G. JEANNIOT, H.AVELOT, A. HELLE, B. NAUDIN (en particulier dans le livre La prison de verre) ou une eau-forte de A. JACQUEMIN, dans l’édition Sauret de 1958.

Sources

Saint-Maixent dans la vie et dans l'œuvre de Gaston CHERAU, conférence par J. FOUCHIER Société Historique et Archéologique du Val de Sèvre, 20 décembre 1981.

Gaston Chérau, romancier de la province française : 1872-1937 : [exposition], Bibliothèque municipale de Niort, 24 octobre-15 décembre 1987, Bibliothèque de l'Arsenal, [Paris], 5 février-9 avril 1988, [Paris] / [catalogue par Françoise Bertrand-Py et Eric Surget, 1987], Comité du cinquantenaire de la mort de Gaston Chérau (Niort)

BNF/Gallica : gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6532933b?rk=193134;0